Un bourg rural important et prospère
Au 18ème siècle, le « village-clairière » du Fidelaire est ponctué de hameaux installés de façon régulière sur les espaces défrichés de son territoire.
Le bourg se situe sensiblement au centre de la commune, le long de la principale voie de desserte, laquelle deviendra RD23, à l’écart des masses boisées et en retrait du talweg principal.
Vaste territoire, Le Fidelaire compte plus de trente hameaux dont l’implantation se situe principalement le long de la RD23 ainsi qu’au carrefour des voies secondaires.
A l’aube de la Révolution, Le Fidelaire est une paroisse importante. On y dénombre 460 feux (soit environ 2300 habitants) quand Le Neubourg n’en compte que 353.
Le territoire est alors porté par une économie rurale diversifiée et prospère, s’appuyant sur ses atouts naturels : agriculture (céréales, lin, chanvre, tissage pour les draperies de Louviers...), forêt (bûcheronnage, sabotiers,...), ressources souterraines (une tuilerie, exploitation de mines de fer, fabrication de clous...). Les 23 500 pommiers recensés fournissent le cidre local. Et, selon certains sources, il y aurait également eu de la vigne au Fidelaire.
Physonomie générale du Fidelaire au 18ème siècle
La Carte de Cassini montre un territoire dont la physionomie est globalement figée au 18ème siècle, avec une masse boisée importante, une clairière parsemée de multiples hameaux et un talweg marqué.
Le bourg du Fidelaire constitue le pôle d’habitat principal, tandis que l’on dénombre quatre fiefs répartis de façon régulière dans la clairière (La Balivière, Le Bocquet, L’Épinette, Frémontel). De multiples petits hameaux parsèment également le territoire.
A la différence de ce que nous connaissons aujourd’hui, le territoire est déboisé au niveau de sa jonction avec la vallée de la Risle à l’Ouest en limite de Champignolles.
En terme d’infrastructure, le tracé des actuelles RD140 et RD830 n’apparaît pas. Seule la RD23 (Breteuil – La Ferrière sur Risle) dessert le territoire, affirmant l’inscription de la commune au cœur d’une industrie métallurgique alors à son apogée.
Extrait de la Carte de Cassini (18ème siècle)
Grâce à la présence de minerai de fer, Le Fidelaire profite d’une industrie métallurgique en plein essor depuis la fin du Moyen-âge. Le lien avec les centres industriels proches est, à cette époque, très fort, notamment avec La Ferrière-sur-Risle : la forêt de Conches fournit la matière première, autant pour le travail métallurgique que pour la combustion des hauts-fourneaux.
Si l’activité métallurgique montre de légers signes de faiblesse à la fin du 19ème siècle, Le Fidelaire n’en demeure pas moins un bourg conséquent. Le commerce se développant, la commune compte alors 43 patentés, un marché hebdomadaire et une foire annuelle.
La forme urbaine tend à évoluer en même temps que les activités se diversifient : commerces et échoppes prennent place en rez-de-chaussée des façades alignées le long de la place centrale du Bourg.
Cette prospérité fonde le développement d’une bourgeoisie locale, qui marque sa différence sociale à travers des constructions plus « cossues », sur le modèle parallélépipédique des « maisons de maître », au carré en milieu de parcelle, entourées d’un parc d’agrément. La commune, prisée pour son environnement, devient également lieu de villégiature : on voit s’y construire quelques grandes et belles demeures, un peu rapidement qualifiées de « château » : il en va ainsi du « château Sophie Germain », une pension de vacances pour instituteurs, ainsi que du « château Mulet » (dit « petit château rose »), qui fait alors office de maison de chasse.
Le développement des postes et télécommunications ainsi que l’avènement du rôle politique des communes et de l’école républicaine voient par ailleurs la centralité du bourg confortée par l’édification de différents bâtiments, construits en brique selon l’usage d’alors : la maire / école, ainsi que la maison des postes et télécommunications, tout près de l’église.